salmonellarose

Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 17:32

J'ai le plaisir de vous faire lire en ligne ici l'histoire de Salmonella Rose, un personnage tiré de mon imagination.
Il s'agit de mon premier essai à l'écriture de non pas un roman, mais d'une nouvelle, quoique je ne sais pas encore si elle sera longue ou courte.
Les idées viennent au fur et à mesure.
Bonne lecture à tout-e-s !
Delfi
(pour mieux me connaître, visitez mon blog :
http:delfii.blogspot.com)

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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 01:25
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 00:59
 
Salmonella Rose

 Salmonella Rose.

Je ne répète pas le titre, Salmonella Rose c’est mon nom. Ben oui, Salmonella Rose, quoi.

En fait mon nom c’est Rose. Et Salmonella le prénom. Tout le monde pense l’inverse. Rose Salmonella. Mais non, moi c’est Salmonella Rose. Déjà à l’école il fallait toujours que je rectifie et que j’insiste pour qu’ils inscrivent Salmonella Rose. C’est devenu une habitude.

C’est pourquoi je tiens à faire les présentations tout de suite. Comme ça le pire est passé.

Salmonella Rose, donc, et vous lecteur, lectrice, éditeurs et autres machin choses, les présentations sont faites.

Salmonella Rose, vous dites-vous. Il est vrai qu’en le répétant, ce double mot bizarre résonne étrangement doux, à force.

Salmonella Rose.

C’est ma mère qui a voulu ce prénom. Elle en était tombée amoureuse en ayant lu ce nom d’un groupe de reggae néo-zélandais, Salmonella Dub. Elle se répétait inlassablement cet étrange nom aux douces sonorités, me racontait-elle.

Et me voilà à porter le nom d’un virus bactérien, la Salmonelle. On la trouve dans les mares et eaux polluées et dans les excréments. Et ça provoque une diarrhée fiévreuse foudroyante. Super...

« Ce n’est pas Salmonelle, c’est Salmonella, nuance, ma fille, nuance » m’a toujours répété maman, encourageante dans son rôle de mère rassurante.

Même en lui répondant que Salmonella c’était la traduction anglaise de Salmonelle, elle n’en avait cure. Bien sûr, ce n’était pas elle qui allait s’en plaindre toute sa vie, de porter ce prénom aussi peu flatteur.

Mais je ne lui en veux guère, à ma mère, à part ce choix étonnant de mon prénom.

Heureusement qu’elle s’est mariée avec mon père, Guy Rose. J’ai maintes fois imaginé plein d’autres nom que j’associais à mon prénom, imaginant que ma mère eut épousé un autre homme, mais j’ai arrêté l’énumération le jour où j’ai su que j’aurai à prendre le nom de mon futur mari. C’est comme pour les lignes de la main, il y en a qui refusent de savoir quoi que ce soit sur leur avenir, moi c’est pareil, je verrai bien le jour avec qui j’aurai affaire.

Bon bref, Guy Rose, mon père.

Rose de père en fils, ils ont tous des prénoms commençant par G, même les femmes : Guy Rose, tonton Guillaume, tonton Gérard, tata Georgette, papi Gaston, pépé Gabriel et j’en passe sur les ancêtres, je n’ose imaginer depuis quand ils ont commencé.

Pour ma mère, impecc : Christiane Rose, quoi de plus banal.

Bref revenons à nos moutons, à nos bactéries plutôt. Je vous disais donc qu’avec le super prénom que je porte, j’en ai vu des couleurs, moi !

 

Déjà à la crèche, le personnel était persuadé que j’étais sourde car je ne répondais pas à l’appel de mon prénom. On m’a fait faire toutes les analyses ORL, les médecins ne trouvaient rien. J’en ai vu défiler, des visages en blouse blanche ! Jusqu’au jour où ma mère, en venant me chercher à la crèche entendit la Directrice m’appeler Rose… Je ne vous dis pas le bordel qui s’ensuivit.
On me changea aussitôt de crèche, il y avait de la place à l’époque, et depuis ce jour mes parents insistèrent et répétèrent autant de fois qu’il le fallait mon prénom à tout le personnel éducatif, scolaire, administratif. C’est dire que je n’ai cessé, toute ma vie durant, d’entendre mon prénom clamé haut et fort, non sans avec fierté.

Donc Salmonella, c’est mon prénom et j’en suis fière.

Bien sûr, j’en ai souffert à l’école. Mais je me défendais du mieux que je pouvais et j’avais toujours un groupe de copines à moi, toutes aussi affligées de tares différentes : noms pitoyables et ridiculisants, visages laids, grosses, boutonneuses. On s’appelait fièrement Les Bactéries. Ensemble nous formions un bloc, défiant les autres camarades qui se mettaient hors de notre portée, bien à notre distance, croyant que nous étions contagieuses.
On en profitait. Les filles se vengeaient des affronts qu’elles subissaient, et moi je rayonnais. A l’intérieur de ce groupe je me sentais une rose plutôt qu’une Salmonelle. Rose plutôt que Salmonella.
Mes copines m’appelaient Rose, je devais effectivement être une rose pour elles comme je l’étais pour moi. Ce qu’elles ne comprenaient pas c’est que j’assumais pleinement mon prénom et que j’avais formé ce groupe, Les Bactéries, pour leur rendre service et leur permettre de s’épanouir avec ce qu’elles sont.
Je les ai laissées m’appeler Rose, puisque ça leur faisait tellement plaisir. Rose. Pourquoi pas, m’étais-je dit. Comme si j’étais un personnage héroïque. Ca me plaisait, ça.
Les autres, à l’école, ils avaient toujours du mal, au début de l’année, à m’appeler Salmonella. Les profs, les élèves, la Direction. Au bout d’un moment, et à force de se forcer à le dire, ils se sont habitués à prononcer mon prénom de façon banale.
Mais les Autres, par contre, eux, les méchants, les beaux, les belles, les plus forts, les soi-disant plus intelligents, il y en a qui m’en ont fait baver. Refus de se mettre à côté de moi en classe, de me faire passer le ballon en EPS, de partager ma table à la cantine puis de faire de plus en plus fort en déversant toutes sortes de saletés organiques dans mon cartable, dans mes cheveux, histoire de voir ce que ça ferait, sur une bactérie comme moi. Au collège il y a eu un groupe qui s’est même amusé à faire des affiches A3 informant d’un danger virus bactériologique au sein de l’école et qui donnait la description de ma petite personne. Les cons. Les pions ont mis du temps pour comprendre qu’il s’agissait de moi, la bactérie. « Ahhh, Salmonella : Salmonelle : le virus bactérien ! Comment n’y avais je pas pensé ! Bah c’est pas grave, on va retirer les affiches personne n’y pensera plus, c’est rien. »

C’est rien, tu parles.

Tous les jours à appréhender l’entrée du hall de l’école, espérant ne pas croiser ces saligauds qui m’attendaient et qui, me voyant apparaître se mettaient à hurler en courant dans le couloir : « La voila ! La sale Bactérie, la Salmonelllaaaaaaahhh  ! »

Bonjour l’accueil, tous les matins presque.

Au bout d’un moment j’en ai eu assez et j’ai pris le dessus. Aussitôt franchie la porte de l’école, je me suis mise traverser le couloir en trombe vers ma salle de classe en criant : « Me Voilà ! Me voila ! Salmonella Roooooose ! Viens ici si tu l’ooooooses ! »

Personne n’a osé. Ils m’ont juste tenue à distance. J’avais enfin la paix et retrouvé le plaisir d’aller à l’école tous les matins. Pour rien que ça.

Au lycée, les moqueries étaient bon enfant. J’avais droit à un surnom différent chaque lundi. C’était à celui qui trouverait le meilleur surnom. Sale môme est là. Sale môme, va. Saumon t’es là ? Y en avait des tout gentils comme des tout méchants.

En Terminale les surnoms étaient épuisés, ils n’avaient plus d’idées, ils ont donc décidé de rajouter mon nom, Rose. Et depuis, avec Salmonella Rose, ma vie a pris toute une autre dimension …

A suivre…

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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 01:35

Au Lycée, donc, en Terminale, les concours ont repris de plus belle pour qui me trouverait le top-surnom. Salmonella Rose. Sale monnaie l’arrose, Pâle môme et la Rose … Tous les lundis, ou presque, le grand jeu hebdomadaire avait lieu dès la première récréation et réunissait tous les élèves de la classe, enfin, ceux qui étaient intéressés. Les absents, malades ou faux malades participaient quand même en envoyant leur trouvaille par SMS au délégué de classe qui faisait aussi office de délégué du jury. Chacun y apportait donc sa proposition du jour et l’on votait à main levée le surnom choisi.

Un jour je reçus un petit mot, trouvé dans mon sacartable : « Seulement naît la Rose … signé : F.D »… Seulement naît la rose … On ne me l’avait jamais dite sous d’aussi belles façons … Très vite je me suis mise à fantasmer sur ce F.D, mon mystérieux Prince Charmant, F.D… mon Frince Darmant…
Quel prénom pouvait-il d’abord avoir ? Florian, Flavio, Friedrich, Félicien,  voire  François, Ferdinand ou Fernand, Florent, Frédéric, Fabrice ou Frank ?
Florian D’Ange, m’étais-je imaginée un bon moment. Autant fantasmer sur un niveau poétique quitte à tomber sur un Frédéric Dard (le papa de San Antonio...).
Bref qui était-il et où était-il ?
Je l’ai su le lundi suivant lorsque je l’ai surpris à s’approcher de mon sac, tentant d’y mettre son deuxième petit mot.
Ce fut le coup de foudre, son côté timide m’a de suite plu et quand j’ai voulu lire son message il me l’a reprise des mains, en a fait une boulette et l’a avalé aussitôt-illico-presto ! Puis m’a dit que si je voulais la récupérer je n’avais qu’à aller la chercher ! Belle manière de me provoquer à l’embrasser. Bref il l’avait vraiment avalée mais nous n’avons pas pour autant cessé de nous embrasser.
Jusqu’au moment où j’ai su son prénom… Misérable, me suis-je dit… Fred… C’est tout ? Fred… bof, très banal. Quant à son nom, il n’a pas voulu me le dire. J’ai eu beau insister, rien n’y faisait, il se taisait.

Il faut avouer que depuis mon enfance, j’ai toujours eu du mal à avoir de petits copains, à cause de mon blocage sur mon prénom. Combien ai-je eu de soupirants d’enfance rejetés d’avance à cause de leur nom ! Guillaume Elan (Salmonella Elan, non merci), Stéphane Pollichon, … et Christophe Bouton, lui le pauvre, il était si adorable mais je résistais farouchement à ses attentions et ses rondes suppliantes autour de moi. « Salmonella Bouton », moi jamais !
Quand on est amoureux, enfants, nous sommes incroyablement sûrs et certains de nous marier ; d’où mon entêtement, refusant d’emblée de sortir avec tel garçon portant un nom que ne me satisfaisait pas. Qui ne satisfaisait pas à mes principes de l’harmonie et du sens vocal de mon prénom.

Et donc quand j’ai appris le nom de Fred, mon Frince Darmant tout poétique, j’en suis tombée des nues : Fred Donatella ! Oh non ! Pas ça ! Pas Salmonella Donatella ! La Versace et ses lèvres toutes gonflées, très peu pour moi ; je refusais de salir ainsi mon prénom. Je n’imaginais pas du tout le voir apparaître avec ces lettres en gros plan sur des affiches A3 : Salmonella Donatella à l’Elysée ce soir, Votez Salmonella Donatella, Présidente ! (Eh oui, j’avais déjà de grandes ambitions). Ca faisait trop Cicciolina !
Du coup, je me retrouvais face à une évidence : rien qu’à cause de ce nom si lourd à porter pour moi, me séparer de ce beau jeune garçon qui me plaisait, avec qui je voulais vivre ma vie, avoir des enfants ou bien … envisager une vie de couple sans mariage ?
J’ai alors décidé que je ne me marierais jamais.

Et de suite après, ma vie amoureuse d’adolescente s’en est trouvée moins pointilleuse, moins limitée par mes soi-disant principes d’honneur.
Fred n’est évidemment pas resté longtemps, j’avais des besoins de papillonnage, pour rattraper le temps « perdu », comme je le pensais, à l’époque.
Et bonjour les Christian, David, Abdel et les autres, moi c’est Salmonella ! Oui, oui mon prénom vous donne l’eau à la bouche; petits, petits, venez à moi comme des petits poissons, je suis votre Nénuphar des Marécages, non, non ce n’est pas contagieux, il n’y a que mon amour qui l’est !

Et par-dessus tout je me suis prise de passion pour la biologique et surtout la botanique, n’est ce pas drôle ?
Le premier jour en amphi, j’attendais avec impatience le moment où le prof arriverait à la lettre R : « Rabien Stéphanie – Présente ! Rose .. euh Salmonella ? » Et je criais aussitôt « Préseente ! » un peu assez fort pour être sûre d’être bien entendue. Et tous les regards se tournaient alors vers moi ; ce que j’adorais ça, le plaisir vicieux de lire sur leurs visages soit des moues dégoûtées, soit des étonnements admiratifs. Et c’était là que se jouait la première relation avec le prof : soit il prenait la chose avec humour, soit il détournait la tête avec un léger mépris.
Et tout au long de mes premières semaines botanico-biolo-organico universitaires, a commencé de poindre en moi le besoin de faire quelque chose de plus profond.

J’ai eu envie de faire le clown, d’être clown... N'est ce pas drôle ?
Salmonella Rose, Clown...

A suivre ...

 

 

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